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Une langue à toutes les sauces

Les recettes de cuisine recèlent parfois des difficultés inattendues. Au-delà des gestes techniques précis, des tours de main périlleux et des ingrédients exotiques, il s’y cache de véritables pièges orthographiques. Il devient alors très complexe de rédiger correctement une recette. Pour compliquer la chose, l’orthographe d’un mot n’est pas toujours la même d’un dictionnaire à l’autre. Voici tout de même quelques règles essentielles à connaître.

Dans le jus
Ainsi, si les jus (de pomme, d’orange, de carotte, etc.) voient toujours le fruit ou le légume qui les composent s’écrire au singulier, le jus de fruits ou le jus de légumes prennent un S (à fruits et légumes). En revanche, une compote de pommes prendra un S à pomme, tout comme une confiture de fraises ou une marmelade d’oranges. De même, on écrira une purée de pommes de terre avec un S à pomme et on parlera de pommes purée pour les pommes de terre dédiées à cette préparation. Il en va de même pour les pâtes. On écrit donc pâte à choux, pâte à beignets, pâte à crêpes, mais attention, pâte à tarte et pâte à pain s’écrivent au singulier.

Les poissons du ciel
Tout cela fait que l’on ne sait pas toujours à quel saint se vouer. Et ceci particulièrement chez son poissonnier, où le saint-pierre s’écrit sans majuscule et reste invariable même si votre appétit est grand, alors que les Saint-Jacques prennent des capitales.

Si ces deux ingrédients – noms composés – utilisent des tirets, ce n’est pas le cas du millefeuille. Cela permet de le distinguer de la mille-feuille, qui est une plante. En revanche, le saint-honoré, cette succulente pâtisserie créée par le pâtissier Chibouste dont la boutique se trouvait dans la rue éponyme, s’écrit lui avec un tiret (et sans capitales). Puisque nous en sommes aux tirets, sachez que les trompettes de la mort n’en prennent pas, alors qu’il en faut pour un trompe-la-mort, mais cela ne nous concerne pas puisque ce n’est pas comestible.
Granny smith (qui est une pomme) est un mot féminin invariable car il est dérivé d’un nom propre celui de Maria Ann Smith dont le surnom était Granny Smith (mémé Smith en anglais). Puisque nous en sommes à la pomme, il faut savoir que la boskoop s’écrit avec un K et deux O, car elle est originaire de la ville hollandaise du même nom. Il ne faut donc pas de majuscule lorsque l’on parle de manger des boskoops, mais il en faut lorsque l’on parle de belle de Boskoop, car il s’agit d’un nom propre. Si l’on parle de pomme de reinette (à ne pas confondre avec la grenouille arboricole orthographiée rainette), il faut écrire reine des reinettes (au pluriel). On écrira également pomme d’api, pomme golden, pomme du Canada (ou une canada). Pour la pomme de terre, il n’y a pas de tirets. On écrit des pommes frites avec un S à frites, mais il convient de ne pas mettre de S aux pommes mousseline (une purée) ni aux pommes dauphine.

Une bitture au thé
Petite immersion dans les alcools pour apprendre que le champagne et le calvados s’écrivent sans majuscule et que si tout le monde sait qu’une échalote ne prend qu’un seul T, une biture en prend au choix un ou deux. En ce qui concerne le thé, le thé matcha (qui est un thé japonais) ne prendra pas de capitale à matcha. Et puisque nous en sommes aux mots d’origine étrangère, sachez qu’il convient d’écrire de la manière suivante : shiitakés (champignons), shiso (et nom pas schizo, ça le rend fou), galanga, combawa (ou combava) et calmar (même si l’on accepte également calamar).


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 7, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

 

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