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Les news de la gastronomie

Poésie en feuilles
Qu’une jeune femme japonaise raconte sa vie avec moult détails du quotidien n’est pas inédit. Même si elle évoque des sujets aussi divers que l’amour, le base-ball… ou la cuisine. Qu’elle le fasse sous forme de tanka l’est davantage. En effet, cette forme de poésie – la plus ancienne et la plus sophistiquée de la tradition nippone – s’adapte, étonnamment, aussi bien au monde moderne qu’au monde flottant, sous la plume de Tawara Machi. Celle-ci, s’autorisant quelques libertés avec la rigueur musicale des maîtres du genre, colore ses courts tercets d’espièglerie et de gourmandise, dans une tonalité pop et spontanée.
“C’est pour moi qu’en ouvrant des huîtres ton doigt/Légèrement se teinte de la couleur/Du sang ! Adorable”
L’anniversaire de la salade, par Tawara Machi – Éditions Philippe Picquier, Collection Japon.


Ému et gourmet
On connaissait Théophile Gautier romancier, poète, peintre, voyageur, critique artistique et même de ballet, mais c’était lui faire injure que d’ignorer sa veine épicurienne d’amateur de bonne chère. De fait, ses récits sont essaimés d’allusions culinaires et de curiosités gastronomiques qu’Alain Montandon a débusquées au fil des textes, et rapporte ici avec délice. Celui, qui disait se réveiller le matin parce qu’il rêvait qu’il avait faim, a noirci des carnets d’étrangetés comestibles aussi fantastiques que ses contes et nouvelles. Jambon d’ours, soupe à la tortue, côtelette de tigre la disputent ainsi aux très contemporains risotto au riz du Piémont et spumas madrilènes… Une chose est sûre, si Théophile Gautier a évoqué un jour son désir d’être un oiseau, il n’en a définitivement pas l’appétit…
La cuisine de Théophile Gautier, Par Alain Montandon – Éditions Alternatives, Collection de Bouche à Oreille.

Au palais de Dame Tartine
Si Dame Tartine vit dans un beau palais de beurre frais, elle s’est trouvée une fière acolyte en la personne de Christine Ferber pour garnir ses brioches des confitures les plus délicates. Celle-ci – telle une fée maîtrisant la sorcellerie sucrée sur le bout de la cuillère en bois – n’a aucune limite pour magnifier dans son chaudron des saveurs aussi subtiles que la cerise Cœur de pigeon, la fleur de sureau ou les pétales de rose. La plasticienne Wero lui a prêté main forte pour des illustrations colorées, ponctuées de cuillères volantes imprimées sur papier calque. Bref, pour un ouvrage à quatre mains de belle facture, serti dans un coffret. Comme une boîte de confiseries…
Petites cuillerées de couleur, par Christine Ferber – Les petites vagues Éditions (Le livre vient de recevoir le Prix de l’Académie Nationale de Cuisine au Sirha)


La maison de l’ogresse
Si la féroce Baba Yaga a donné lieu a de multiples interprétations, l’une des plus abouties demeure celle de 1932, illustrée par Nathalie Parain. Cette dernière, fruit de l’école constructiviste soviétique, est bien dans son élément aux commandes de ce grand classique de la mythologie slave qui dépeint la cruelle ogresse unijambiste. Cette dernière passe sa vie à poursuivre sa pitance, se montrant particulièrement friande de jeunes enfants. Trait minimal et géométrique, sans une once de fioriture ou d’infantilisme, cet opus, que MeMo a la bonne idée de rééditer, est caractéristique du style radical d’une dessinatrice qui refusa toujours de considérer la littérature enfantine comme un genre de seconde catégorie.
Baba Yaga, par Nadiejda Teffi et illustrations de Nathalie Parain – Éditions MeMo


ABC comme Chine
Fidèles à leur exploration minutieuse du continent asiatique sous toutes ses formes – y compris gastronomique –, les éditions Philippe Picquier viennent de sortir un cahier à spirale de cuisine chinoise, à destination des cuisiniers en herbe. Conçu par Mait Foulkes, fidèle auteur de la maison, il égrène les anecdotes, astuces, recettes et autres devinettes qui rendent cette gastronomie abordable – une paire de baguettes intégrées à la couverture permet même de s’initier à leur maniement délicat. Il se garde, toutefois de déflorer l’insondable et mystérieuse poésie de cette riche gastronomie. Quel est le goût des fourmis grimpant à l’arbre, déjà ?
Je cuisine chinois, par Mait Foulkes et illustrations de Marianne Nicolas – Éditions Picquier jeunesse

Cuisine au sommet
Marie Lafaurie a regroupé, dans un cahier plus vrai que nature – encre violette et papier quadrillé à la clé –, des recettes montagnardes transmises par sa mère. Savoyardes jusqu’au bout des crozets, celles-ci sont plus revigorantes et chaleureuses les unes que les autres. Généreuses aussi, à l’exemple de la queue de bœuf aux châtaignes ou de la tourte aux myrtilles dont la seule évocation fait entendre les brindilles crépiter dans la cheminée du chalet…
Cahier d’une cuisinière de montagne, par Marie Lafaurie – Éditions de Borée


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 6, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

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