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La bonne cuisine aux colonies prémices d’une cuisine “fusion”

L’ouvrage s’intitule La Bonne cuisine aux colonies, et est sous-titré : 400 recettes exquises ou pittoresques. Paru en 1931 il fut écrit par R. de Noter et préfacé par Paul Reboux, écrivain à qui l’on doit un essai de gastronomie moderne intitulé : Plats Nouveaux. 300 recettes inédites ou singulières.

Cet ouvrage était vendu entouré d’un bandeau (tel un prix Goncourt) sur lequel on pouvait lire ce texte évocateur : “Ce livre préfacé par Paul Reboux, est un recueil étourdissant de recettes de cuisine, toutes plus extraordinaires et savoureuses les unes que les autres. Chaque maîtresse de maison voudra le posséder pour intriguer et réjouir le palais de ses invités et des membres de sa famille.” Le bandeau portant également la mention : “Il est remboursable en produits coloniaux.” La première page du livre proposant même un bon de réduction de six francs à valoir sur une boîte de 5 kg d’abricots supérieurs vendue 35 francs (tarif valable jusqu’au 31 décembre 1931).

En 1931, l’abricot était donc un produit exotique, tout comme le riz “fort peu apprécié en France où, en général on ne sait pas le préparer”, l’ananas “l’un des meilleurs fruits coloniaux, encore qu’il soit presque considéré comme un légume” ou même l’avocat dénommé à l’époque poire d’alligator.

Mais c’est surtout en regardant en détail les fameuses 400 recettes que l’on trouve un certain nombre d’informations sur ce qu’était l’exotisme dans la France coloniale d’avant-guerre.

Le pied de dromadaire vinaigrette qui “se mange froid comme hors-d’œuvre” est resté aujourd’hui encore parfaitement exotique pour nos palais métropolitains, tout comme le ragoût de ventre de chameau. En revanche, un certain nombre de plats ont été parfaitement intégrés à la cuisine française comme les doughnuts, ces “beignets très goûtés chez nos anciens compatriotes de la Nouvelle France”, le yaourt qui provient de Bulgarie (classé en Asie) et dont “le matériel où on le fait cuire doit être très propre, au moins chez nous, car chez les Orientaux, tout cela est fait au petit bonheur”, ou même de la sauce soja (sho-you) qui se “consommait jadis beaucoup en Angleterre ; sa vogue ne lui est plus guère restée qu’en Amérique.”


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 5, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

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