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Les arts ménagers : Innovation sans postérité

Les pages du numéro d’avril 1968 de Cuisine et Vins de France consacrées aux Arts Ménagers débutent par ces lignes : “Est-ce parce que le coq gaulois est entré dans la course européenne et qu’il a à cœur de ne pas se laisser dépasser dans un domaine où il a toujours excellé, celui du petit outillage ingénieux et pratique ? Toujours est-il qu’après une certaine pause au cours de laquelle on piétinait un peu sur place sans aller beaucoup plus loin que les décapsuleurs et moules à œufs pochés, nous assistons à un feu d’artifice de nouveautés intéressantes, tant sur le plan de la qualité des matériaux et de la pureté des formes que des idées qui ont présidé à leur création.”

En guise de feu d’artifice, il y a dans les pages de cet article quelques merveilles de petit outillage. On retrouve le couteau électrique qui, s’il n’a plus trop la cote aujourd’hui a fait son petit bonhomme de chemin dans les cuisines et découpé plus d’un rôti. Il en va de même pour l’ouvre-boîtes électrique et le couvercle anti-projection qui, eux aussi, ont pris leur part dans l’aide aux ménagères.

Mais ce qui retiendra notre attention dans le florilège de nouveautés présenté dans cet article de Cuisine et Vins de France c’est le Jemagril. Vendu 99 francs, ce couvercle qui “comporte une résistance électrique en acier inoxydable à deux allures (500 et 1000 w)” et possède la particularité de pouvoir se poser sur n’importe quel récipient, permettant ainsi de “griller, réchauffer, gratiner à table sans allées et venues à la cuisine”. Hélas, ce rêve n’a pas survécu et aujourd’hui les souvenirs du Jemagril sont, il faut bien le dire, assez flous. Comment expliquer que cette invention, pas plus inutile qu’un couteau électrique n’ait pas fait une entrée fracassante dans les ménages des années soixante ? Peut-être parce que, tout simplement, une fois que le Jemagril avait rempli sa mission de “griller, réchauffé ou gratiner à table”, au milieu des invités, la maîtresse de maison se trouvait bien embarrassée, son couvercle brûlant en main pour servir son plat. Impossible de le poser sans risquer de : “griller, réchauffer ou gratiner” la table elle-même…

Autre objet qui ne connut pas la gloire qu’il aurait méritée ; le Dégivit de Noirot, un “dégivreur infrarouge automatique à thermostat de contrôle, élément blindé sous carter en métal nickelé et chromé avec poignées et pieds en bakélite noire” à 59 francs qui permettait de “dégivrer en un minimum de temps le réfrigérateur, tant pour faciliter son nettoyage que pour améliorer son rendement et pouvoir préparer plus rapidement une crème glacée par exemple.”


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 4, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

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