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La bataille du vin et de l’amour, Alice Feiring

Alice Feiring est américaine, écrivain et journaliste. Elle écrit pour le New York Times, le San Francisco Chronicle ou le Wall Street Journal Magazine. Dans son livre La Bataille du vin et de l’amour, elle lance un appel pour tenter de sauver le vin qu’elle aime et qui serait menacé par la toute puissance d’un certain Robert Parker.

Dans sa Bataille, elle parle des hommes et des vins qui ont jalonné sa vie. Et en matière de vin, Alice est assez exigeante. Ce qu’elle aime, ce sont les vins naturels, les vins qui racontent un terroir et parlent du vigneron qui les a engendrés. Les vins qu’elle honnit, ce sont ceux qui sentent la technique, respirent le bois et se ressemblent tous parce qu’ils aspirent à ressembler à un mètre étalon : le vin qu’aime (et met en avant) un certain Robert Parker.

Américain lui aussi, il est aux antipodes d’Alice Feiring en matière de vin. Pourtant, ses avis font office de jugement définitif et ce qu’il aime se transforme en or pour celui qui le possède.

En sous-titre de son ouvrage, Alice Feiring écrit : comment j’ai sauvé le monde de la parkerisation. On pourrait être tenté de la croire tant elle met du cœur à l’ouvrage, tant elle défend avec conviction les vins qu’elle aime et démontre les méfaits de l’industrie sur ce qui devrait rester une pratique artisanale. Pourtant, la lecture du journal Le Monde du 14 août 2010 nous apprend que les ventes en primeur dans le Bordelais atteignent cette année des sommets et tout particulièrement lorsqu’ils sont bien notés par Monsieur Parker comme par exemple Château Ausone vendu à près de 1600 euros la bouteille.

Alors, non, Alice n’a pas sauvé le monde, car il n’y a pas de monde à sauver. Robert Parker défend les vins qu’il aime tout comme Alice le fait avec force et conviction. Il a juste beaucoup plus d’influence qu’elle. On pourrait faire un parallèle avec le poids du guide Michelin sur la gastronomie française. Un poids démesuré, mais il n’y a, là non plus, pas de monde à sauver, juste des convictions à défendre, des choix à expliquer, des dérives à combattre.

“Pour arriver, il faut mettre de l’eau dans son vin jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de vin.” écrivait Jules Renard. Alice Feiring, fait le contraire, elle ne met pas d’eau dans son vin, elle part en croisade pour défendre ce qu’elle aime, ne transige sur rien. Elle n’a pas réussi, mais ce n’est pas grave.

La bataille du vin et de l’amour, Alice Feiring, Éditions Jean-Paul Rocher.


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 4, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

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