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Gilles Stassart, cuisinier sur le toit d’un musée

Gilles Stassart est un cuisinier pour le moins atypique. Natif de Vézelay, ses études d’histoire de l’art l’éloignent pour un temps de la cuisine. Il devient journaliste et écrivain. Il collabore au magazine Beaux-Arts pour une rubrique consacrée à la confrontation entre l’art et la cuisine. Il est l’auteur d’un ouvrage La Conversation entre le cuisinier Marc Meneau et le photographe Hans Gissinger et d’un second ouvrage, toujours avec les photographies de Hans Gissinger, accompagnant un texte de Gérard Oberlé : Salami.

En 2005, il ouvre, en compagnie d’Inaki Aizpitarte et Laurent Chareau, le restaurant expérimental Transversal au sein du Mac/Val. C’est cette expérience qui va sceller son destin de cuisinier.

La cuisine de Gilles Stassart n’est jamais très éloignée de la performance artistique : le 20 juillet 2008, il bat le record du monde de la plus grosse barbe à papa dans le cadre de l’expo César à la Fondation Cartier.

En 2010, il érige à la Cité de l’Architecture la Tour sans Faim, à partir d’une tonne de gâteaux dont il a fallu adapter les différentes recettes aux contraintes de structure. Cette Tour sans Faim pourrait paraître un concept potache, pourtant elle interroge sur la notion de gaspillage, sur la valeur des palmarès mais également sur le traitement des déchets alimentaires. La tonne d’aliments de cette tour sera recyclée en engrais sur un potager d’un hectare.

Gilles Stassart n’aime rien tant qu’interroger le monde sur ses contradictions, que déplacer le regard que l’on porte sur la nourriture, le repas la cuisine et les arts. “C’est l’époque qui pose les questions : aujourd’hui, ce sont les pauvres qui sont gros…” Se pose également la question de la place des designers culinaires dont “personne ne sait qui ils sont”. Lui, avait “envie d’avoir des pieds”, il est donc cuisinier.

Son restaurant, le Nomiya, est une table d’hôtes imaginée par un artiste, Laurent Grasso, posée sur le toit du Palais de Tokyo, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. C’est cette réunion du lieu, de la forme, de la cuisine et des convives qui crée le concept du Nomiya.

Ici, Gilles Stassart cuisine des “objets“ plus que des “produits”. Il assemble des objets comestibles dans une logique d’installation artistique et culinaire à la fois.

Il cuisine de l’émotion plus que du bon goût et a fait évoluer sa cuisine de “très expérimentale” au début à plus “gastronomique” pour cette deuxième année.

Vous pouvez donc, si le concept vous interpelle, vous inscrire jusqu’à la fin juin 2011, pour un repas (80 euros le midi – 100 euros le soir) sur www.art-home-electrolux.com

Notes
1 – Electrolux est le partenaire principal de cette installation artistique.


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 4, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

 

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