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Les news de la gastronomie

Mac Breizh
Le hamburger, symbole même de l’Amérique conquérante et de la mondialisation, serait-il originaire de Bretagne ? C’est la surprise en queue de poisson que recèle le roman picaresque de Martin Provost. Il nous entraîne par les océans à la poursuite d’une portée de petits finistériens et de leur boucher de père. Nourrie par la mer, la compagnie se retrouvera au final rattrapée par ses gènes viandeux. Le voyage s’avérera tout aussi initiatique pour l’adulte qui peine à couper le cordon, que pour les enfants qui frétillent de prendre leur envol. Tel est le mélancolique arrière-plan d’un texte a priori grivois et rigolard, dans lequel la liberté s’arrache et se paie, sans pour autant faire table rase.
Bifteck, par Martin Provost – Éditions Phébus.

À point
À force d’entendre parler de lui avec force superlatifs, et de voir son nom associé aux cartes des meilleures maisons, il était temps d’en savoir et d’en voir davantage sur Hugo Desnoyer. C’est chose faite avec ce livre. Noir comme les yeux de son sujet et rouge comme sa passion, la viande. Cru comme les photos d’une redoutable efficacité de Laziz Hamani. Et surtout tendre, comme le texte de François Simon. Boucher des stars, star des bouchers ? Il en ressort surtout gourmand – une poignée de recettes à l’appui – et artisan doté d’un savoir-faire aussi effilé que ses couteaux.
Hugo Desnoyer, par François Simon – Éditions Assouline.

Les petits papiers
Un livre d’Alain Passard, est en soi un événement, puisque ce dernier avait toujours décliné les offres, à l’exception d’une incursion dans la littérature enfantine. Cet album l’est à double titre, puisqu’il dévoile, outre quarante-sept recettes, un talent de plasticien méconnu chez ce maître de la flamme. Sous forme de papiers de couleur découpés, il juxtapose et associe des harmonies qui lui permettront de juger de l’effet visuel de ses assiettes. Pas si étonnant quand on connaît son approche chromatique et presque picturale de la cuisine. Ce n’est pas son cher navet boule d’or qui dira le contraire…
Collages et recettes, Alain Passard – Éditions Alternatives.

Émancipation sensuelle
Le metteur en scène Luca Guadagnino a niché une perle au cœur de son film, un portrait de femme en conquête de liberté. Un midi, une salle de restaurant un rien compassée, une belle bourgeoise un brin fébrile, sa belle-mère et sa future belle-fille. Rien de bien troublant jusqu’à l’arrivée de l’écrevisse. Une bouchée et les sens de la mangeuse s’emballent. Les nôtres et surtout ceux de la caméra également. Car on n’aura rarement transcrit avec une telle sensualité le bouleversement des sens qu’une saveur peut produire. Sans effet de style superfétatoire, sans surjeu – et pour cause, c’est l’impeccable Tilda Swinton qui interprète – l’émotion et les souvenirs affluent. D’autant plus que l’amour est au piano.
Amore, Luca Guadagnino – Actuellement en salles et bientôt en DVD.

Classer la graine
En France les graines se doivent d’être inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés avant d’être commercialisées. Pourtant, une association militante d’Alès vend des spécimens anciens ou rares en refusant de les faire enregistrer au nom de la liberté de reproduction. Thierry Ardouvin a photographié des semences dans l’une et l’autre catégories. Sans autre certification que celle de son regard, guidé par des textures, des couleurs et son imagination. Il n’est pas non plus besoin de trier le bon grain de l’ivraie pour les apprécier, mais de se laisser guider dans les paysages et univers que suggèrent les espèces décortiquées par son objectif. Au commencement était la graine…
La bonne mauvaise graine, par Thierry Ardouvin – jusqu’au 31 -12-2010.
Le Laboratoire, 4 rue Bouloi 75001 Paris – www.lelaboratoire.org.

La bonne graine? La bonne graine?
Je mange donc je suis
Chaque année, la collection Domovision s’élargit d’un nouveau volume, outil de réflexion thématique lié à l’aménagement et à l’équipement du cadre de vie. L’édition 2011 propose une plongée dans la cuisine à travers le prisme de l’analyse des mutations comportementales alimentaires. Historique, sociologique, technologique ou stylistique, aucun angle n’est négligé dans cette étude qui permet même à terme de se faire une idée de la cuisine de demain.
Se nourrir de la nécessité à la convivialité, par Gérard Laizé et Frédéric Loeb – Coédition VIA / Distill.


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 5, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

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