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Les news de la gastronomie

Saoûle kitchen
Fatih Akin s’est accordé une pause. Après Head on et De l’autre côté, et avant un film sur le diable, il fait une incursion du côté de la comédie le temps de donner le jour à un vieux projet très personnel. Dans une gargote de Hambourg, un jeune grec envoie des poissons panés mayonnaise douteux à des habitués prolos enchantés par la bonne ambiance du lieu. Puis il apprend la cuisine. Découvre qu’elle s’appelle gastronomie, que les hangars peuvent être des lofts et les clients des jeunes branchés. Quand, non sans peine, il décroche un happy end tant sentimental que professionnel sur lequel, le metteur en scène semble jeter sur lui un œil de lendemain de cuite : où sont passés les clients des premiers jours ? Que signifie fondamentalement cette mutation, par ailleurs symptomatique de l’évolution de Hambourg dans son ensemble et sans doute de toutes les grandes villes mondialisées ?
Il fallait bien se douter qu’une comédie de Fatih Akin serait au moins politique !
Fatih Akin, Soul kitchen


Danse avec le renard
S’il est vêtu de costumes extrêmement bien taillés, Fox n’en est pas moins un renard. Dominé par son instinct, il envoie ses bonnes résolutions par dessus les talus pour reprendre une activité de chapardeur et passer ses nuits à remplir le garde-manger de son terrier cosy. Monde sauvage contre société, la guerre sera féroce, servie par des marionnettes raffinées tout à la fois réalistes et d’une grande poésie. L’humour pop absurde de Wes Anderson (Darjeeling unlimited et La vie aquatique) est bien là, mais sous tendu d’une mélancolie et d’une gravité inattendues. Tout le petit monde de la forêt finit dans l’abondance des victuailles et la musique. Mais, la larme pleine d’admiration et de tristesse que verse Fox en chemin vers la civilisation, face à un loup intègre, nu et seul, cristallise les regrets et le sentiment de faiblesse d’un adulte d’aujourd’hui.
Wes Anderson, Fantastic M. Fox – Disponible en DVD à partir du 17 juin

Je design donc je cuit
Le design culinaire est LA discipline qui a aujourd’hui le vent en poupe en périphérie de la gastronomie. Pas un livre, une exposition ou un chef qui ne se flatte de collaboration avec l’un des professionnels du genre. Il était donc juste que le premier livre en la matière émane de l’un des meilleurs d’entre eux, Marc Brétillot. Au-delà du rappel de ses performances, expériences et autres collaborations prestigieuses, il pose dans cet ouvrage les bases d’un métier dont les ramifications tant sociales que psychologiques – et parfois même ethnologiques – demeurent méconnues. Comme il y ajoute une bonne dose de subversion et un profond désir de secouer le conservatisme ambiant, il parvient tout à fait, au final, à effacer l’image superficielle et proprement esthétique véhiculée d’ordinaire en la matière.
Marc Brétillot et Thierry de Beaumont, Culinaire Design – Éditions Alternatives


La cacao séduction
La prédilection des auteurs de mangas pour le monde de la restauration et de la gastronomie ne se dément pas. Ils ont déjà exploré les mondes de la cuisine, du vin, de la boulangerie ou du café. Le nouveau venu des mangas culinaires abandonne les fourneaux et les sauces pour le marbre et le laboratoire d’un jeune génie chocolatier. Ce dernier, Sotha déploie des trésors d’inventivité et de précision pour séduire l’élue de son cœur avec des créations toujours plus sophistiquées. Il ira même jusqu’à Paris pour se former auprès d’un maître en la matière (nouvel effet de la Hermémania sur les ressortissants du soleil levant ?). Sentimental et sucré. Mais avec 70% de cacao.
Setona Mizushiro, Heartbroken Chocolatier – Éditions Kaze manga – Un volume paru


Les cuistots flingueurs
En cuisine, on saigne, on tranche, on abaisse, on ébouillante, on détrempe, on ébarbe, on saisit, on tronçonne et on sue. Les livres de cuisines ne sont pas des contes de fées et certains chefs ne sont pas des tendres. Forts de ce constat, Estérelle Payany et Jean-François Martin, ont respectivement imaginé et illustré, avec un plaisir évident, les recettes que pourraient concocter les gros méchants de la littérature mondiale. Qui croquerait sans crainte les pommes caramel ensorcelantes de la Belle-mère de Blanche-Neige ? Et les biscuits des marins de Long John Silver juste débarqué de l’Ile au trésor ? Qui goûterait les galettes à l’andouille du Père Ubu ou les œufs à la truffe sans truffe de Fantomas ? VOUS !
Estérelle Payany, Les criminels passent à table – Éditions Flammarion



Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 3, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

CouvCahiersGastro3

 

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