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Le macaron ? D’accord, parlons-en !

Il en existe de toutes les couleurs, pour tous les goûts. Il est l’une des préoccupations majeures de la blogosphère culinaire. Matière à débat, on rivalise à son sujet de recettes, d’astuces et de photographies, toutes plus artistiques les unes que les autres.

Depuis quelques années, il vous est systématiquement servi dans les cocktails, à la salle des fêtes de la mairie comme dans les soirées les plus huppées…

Il est devenu en quelques années l’ambassadeur de la pâtisserie française. Il est l’objet d’une bataille sans merci entre plusieurs grandes maisons, qui possèdent chacune leurs bataillons de défenseurs (seuses). Les touristes eux-mêmes ont pris part au combat. Chaque jour, on commet des crimes en son nom !?!
Ah oui, le macaron ? Eh bien parlons-en !

D’accord, mais pourquoi tant d’enthousiasme pour ces malheureuses coques de blanc d’œuf et de poudre d’amandes? On ne saurait invoquer une simple affaire de goût.

Il existe tellement de pâtisseries, au répertoire de la gourmandise ! Alors, pourquoi un tel engouement pour celui-là, précisément ? Mieux vaut sans doute se demander en quoi le macaron était la meilleure réponse offerte aux tendances de consommation actuelles ?

Il cristallise en effet autre chose que du sucre, et plusieurs de ses caractéristiques le désignaient comme le dessert de l’époque : C’est un dessert individuel. Contrairement à un gâteau, il ne se partage pas. Impossible. Sinon la coque s’effondre, et avec elle, tout le plaisir de sa légère résistance, avant la fonte… Petit plaisir solitaire : on peut manger des macarons à plusieurs, mais c’est chacun(e) le sien.

C’est également un dessert facile à manger. Pas salissant pour les doigts, il ne laisse aucune trace du péché de gourmandise.
Cette seconde caractéristique fait du macaron le compagnon de route idéal. Street food chic : le macaron se mange plus souvent debout sur le trottoir, qu’assis à table.

C’est une pâtisserie. Sucrée. Un poil régressive. Un peu girly sur les bords : le macaron réconforte les cœurs brisés, booste les hypoglycémies, – et participe d’une tendance globale à se ruer sur le sucré.

D’ailleurs, il faut préciser que cette pâtisserie n’est pas vraiment un dessert. Il n’y a pas d’heure pour s’offrir cette petite bouchée. On peut en manger à tout moment de la journée, à 10h, à 16h ou à 18h… Presque toujours entre les repas, finalement.

Enfin, le macaron, c’est un luxe, une forme de caution du raffinement culturel. Il s’intègre dans une logique du signe et de la valeur du culturo-mondain. Même sous une forme industrielle dégradée version Picard ou Monoprix, le macaron est un produit dont le prix et la fragilité cautionnent la délicatesse ; or, grâce à une sorte de mystérieux transfert, il anoblit celui qui le consomme. – Comme par métonymie…

Bon, mais le macaron, maintenant, ça suffit ! Les années 90 ont eu leur fondant au chocolat. Les années 2000, leur macaron… Alors, à votre avis, quel sera le dessert des années 2010 ?

Pour méditer sur la question :
Au pays des macarons, Clémence Boulouque, Mercure de France éd., coll. Le petit Mercure, 2005


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 2, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

 

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