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Edouard Cointreau, humain ardent

Le 1er juillet dernier, dans les célèbres salons de la Comédie Française, place du Palais-Royal à Paris, les plus grands auteurs, venus du monde entier, du livre du vin et de la gastronomie, s’étaient donnés rendez-vous à l’initiative d’Edouard Cointreau. Dans le magnifique théâtre, écrivains et éditeurs avaient remplacé les acteurs de notre répertoire classique. Ce soir-là, Molière ne serait pas le clou du spectacle même si une représentation du Malade Imaginaire fut donnée ! Sur la scène, les remises s’enchaînaient. Du Japon à la Chine, en passant par l’Inde et les États-Unis sans oublier la France, plus de 700 invités attendaient fiévreusement de savoir s’ils allaient recevoir le fameux sésame, le Gourmand World Cookbook Awards.

En quatorze ans, ce prix est devenu une sorte d’“Oscar” dans la profession. Selon Édouard Cointreau “un prix permet à l’auteur de nouer des contacts privilégiés avec des éditeurs étrangers. Il peut leur permettre de vendre leurs droits à l’international. Mais surtout, j’ai constaté que ce prix avait un impact significatif sur la vente du livre. C’est pour cette raison que la notoriété de cet événement ne cesse de grandir”. En effet que de chemin parcouru depuis son lancement en 1995.

Depuis les années 2000, Édouard Cointreau organise chaque année ses remises dans un pays différent : Chine, Allemagne, Malaisie, Suède, Espagne… voilà pour les quelques destinations. Si les lieux changent, l’objectif reste le même : “Récompenser et honorer ceux qui cuisinent avec des mots”.

Une cause ardue car si le monde du livre traverse quelques difficultés, ce secteur semble florissant avec près de 26 000 nouveaux livres parus chaque année. “Comment aider les lecteurs à faire leur choix dans cette bibliothèque de Babel ?” feint de s’étonner le fondateur. Il est peu probable que cet homme de culture et de réseaux ait feuilleté l’ensemble des ouvrages, mais une grande partie d’entre eux est passée entre ses yeux et entre ses mains. “C’est certain” confirme son fils Édouard. Il suffit de le voir travailler à la foire de Francfort, où il tient le plus grand stand sur ce domaine, pour comprendre la passion qui anime cet homme discret et peu ordinaire. En dehors de démonstrations culinaires orchestrées par des chefs de renommée mondiale, Édouard aime entre deux rendez-vous se balader dans les allées à la recherche de nouveaux talents oubliés. Il regarde, il pose des questions. Jamais son cerveau ne reste en veille très longtemps.

La soixantaine passée, il pourrait couler des jours paisibles dans son château Angevin. Il n’en est rien. Bien au contraire ! L’homme se veut ardent avec toujours de nouvelles idées à mettre en place. En Chine, où il vit une partie de l’année, il lance des émissions de télévision pour la chaîne locale, China Food Network. Il propose des reportages sur le vin et sur la cuisine.

En février prochain, il crée à Paris – au 104 – le “Paris Cookbook Fair”. Durant quatre jours (du 12 au 15 février), tous les éditeurs et auteurs de la planète seront là. Ouvert aux professionnels et au grand public, cette nouvelle foire espère devenir en quelques années une plate-forme internationale incontournable. Nul ne doute qu’il réussira car tous les ingrédients seront présent pour faire monter la mayonnaise !


Cet article est extrait du Cahier de la gastronomie n° 1, à retrouver sur la boutique Menu Fretin !

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